En observant un écosystème, on y découvre des animaux (la faune) et des plantes (la flore). Chacun doit trouver de quoi manger et de quoi se loger !
Se nourrir
Pour se nourrir, les plantes ont besoin d’eau. Il leur suffit la plupart du temps d’avoir leurs racines dans le sol.
Pour les animaux, ce n’est pas si simple. Il y a autant d’animaux que de « trucs » à manger !
En tant que jardinier, il faut alors penser aux petits habitants quand on entretient notre espace vert.
La chaîne alimentaire c’est : qui mange quoi ou qui mange qui ?

Les chaînes alimentaires peuvent être très complexes mais nous ne sommes pas obligés de tout connaître pour bien faire. Il suffit de suivre le principe que plus il y a de plantes plus il y aura de fleurs, de feuilles, de fruits différents et par conséquent des insectes, des araignées différentes… des oiseaux, des petits mammifères …
Il faudra simplement essayer de maintenir la plus grande diversité d’aménagement et d’entretien pour avoir le plus de choix possibles en plantes de différentes tailles qui nourriront des insectes, mangés par d’autres insectes ou d’autres animaux plus gros…
Il faut pour cela avoir des plantes qui plaisent au menu de la faune et ne pas les tailler trop tôt pour que les fruits puissent apparaitre !
D’ici et d’ailleurs

Les animaux qui vivent aujourd’hui en France sont les mêmes espèces que ceux qui vivaient au Moyen-Age. Les abeilles, les papillons, les araignées, les fourmis, les écureuils, les lapins, les renards, les oiseaux… Certains ont peut-être disparu mais c’est tout ! Et les plantes étaient les mêmes également. Sur cette base, on peut différencier les espèces indigènes qui vivent dans le pays depuis presque toujours et les espèces exotiques qui sont apparues avec les échanges internationaux (à partir de 1492, arrivés des européens en Amérique).
Chardonneret (espèce indigène) dans un tableau de Raffaello Sanzio, 1506. La vierge au chardonneret
Et ça se mange ?
Le problème des espèces exotiques, c’est que souvent les plantes ou les animaux ne sont pas mangés par les espèces locales. Parfois pire, les espèces exotiques vont remplacer ou dévorer les espèces locales sans être inquiétées car rien ne les arrête : on parle alors d’espèce exotique envahissante (E.E.E.) ou espèces invasives.

La renouée du Japon est pour les plantes, une des espèces exotiques envahissantes la plus connue. Une fois installée, il est extrêmement difficile de s’en débarrasser. Elle ne connait pas de maladie, ni de ravageur pour la manger.

Les tortues de Floride sont un exemple d’ animaux de compagnie relâchés dans la nature et qui provoque de lourds dégâts dans l’écosystème. Leur prédateur naturel est l’alligator !
Ces exemples sont parmi les pires espèces qui se développent hors de contrôle en Europe. Mais les autres ? les espèces exotiques qui ne sont pas envahissantes… Celles-ci vont simplement être là sans proposer de nourriture aux animaux. parfois les aménagements paysagers proposent une grande variété de plantes mais rien (ou presque) ne se mange pour la faune locale. Il n’y a pas de fruit comestible, les fleurs ne plaisent pas aux abeilles ou aux papillons.
La faune locale a besoin de plantes locales pour vivre et se nourrir. Chaque nouvel aménagement devrait proposer une partie de végétation indigène pour faire vivre la faune locale : une vraie nature en ville.
Discussion de chantier :
» Tu prends le papillon du chou et tu le poses dans un pays où il y a pas de chou : il va mourir ! »
» Maintenant, plus sournois : tu déplaces pas les animaux… mais tu leurs changes toutes les plantes autour d’eux ! On rase tout et on plante des jolis végétaux exotiques : pour les animaux c’est Koh Lanta, et tous ne vont pas survivre à l’épreuve ! »
Se loger
Très bien ! On leur trouve de quoi manger à nos petits habitants mais certains ont besoin d’habitat ! La plupart des animaux ne vivent pas dans une maison comme le ferait les humains mais ils cherchent un lieu pour se refugier, se nourrir facilement et pour se reproduire.
Et cela est vrai autant pour les animaux que pour les végétaux :
Pour les plantes, on parle plutôt de « milieu », l’endroit où la plante poussera le mieux : milieu humide = dans l’eau ou au bord, milieu forestier, avec un sol acide (terre de bruyère) mais aussi l’exposition : ombre ou soleil…
Pour les animaux, il y a aussi une question de milieu ou d’écosystème comme la forêt, la prairie, les mares et qui peuvent changer au cours de leur vie.

Les crapauds communs sont des animaux terrestres qui vivent plutôt la nuit dans les prairies ou les forêts et vont seulement dans les mares ou d’autres étendues d’eau pour se reproduire. Les bébés crapauds = les tétards vivrons dans l’eau jusqu’à leur transformation en jeune crapaud, il y retournerons que pour se reproduire une fois adulte. (photo par Korall – Own work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7748177)
Selon l’exemple du crapaud, il faut parfois plusieurs type d’aménagements différent pour espérer attirer une seule espèce : une mare pour se reproduire, une prairie pour se nourrir et un coin à l’ombre pour se reposer. Mais les aménagements vont généralement attirer naturellement plusieurs autres espèces vivant dans ce milieu. En observant un aménagement existant, on saura que l’on n’attirera pas de crapaud dans les espaces verts si il n’y a pas de point d’eau à proximité ! Alors ? Est-ce qu’une mare, même de taille modeste peut être envisagé dans votre espace vert ?

Il existe également des animaux comme les insectes qui vont vivre exclusivement en relation avec une seule plante ! Les papillons sont souvent de ceux-là, le vulcain va pondre ses œufs sur les orties et les chenilles ne se nourriront que d’orties ! les zones d’orties sont donc indispensable pour la ponte et la survie de ces papillons. ci-contre, Vulcain se chauffant au soleil.
Certains animaux vont être dépendant d’autres espèces pour vivre et se reproduire. Les oiseaux cavernicoles (qui font leur nid dans le creux des arbres) se regroupent en deux catégories :
- les cavernicoles primaires comme les pics vert, creusent des cavités dans des grands arbres. Ils ont besoin d’arbres suffisamment mature pour offrir des troncs assez larges pour y faire un trou. Ces oiseaux vont creuser un nid dans des arbres vivants et se nourrir de larves et d’insectes dans des arbres morts ou au sol.
- Les cavernicoles secondaires n’ont pas de bec assez puissant pour faire des creux dans les arbres et vont devoir trouver un ancien nid pour se reproduire. c’est le cas des chouettes, de la sitelle torchepot ou de certaines mésanges.
De l’habitat, les animaux doivent trouver de quoi se nourrir facilement et des matériaux pour concevoir leurs nids. Un espace vert trop propre va limiter la quantité de feuilles, de petites branches, de feuilles ou de mousses, autant de matériaux de construction pour les animaux.
Beaucoup de chose nous échappent, tellement les interactions entre les espèces et leur milieu peuvent être complexe, mais simplement avec l’envie de mieux faire pour partager les espaces verts entre les humains et les animaux. On peut mettre en place une gestion moins stricte des espaces verts, plus respectueuse de la nature sauvage. Certaines choses nous échapperont toujours mais apprendre à observer et reconnaitre les zones pauvres en biodiversité d’une zone accueillante pour la faune et la flore indigènes permettra petit à petit à transformer les espaces verts traditionnels en lieu de vie accueillant autant pour la vie sauvage que pour les humains.
