A chacun ses Espèces Exotiques Envahissantes

En voyage au Canada je m’attendais à trouver les espèces envahissantes du Canada que l’on a par chez nous : les vergerettes du Canada ou les bernaches du Canada !
Si je vais un jour au Japon je chercherai des Renouées du Japon bien sûr ! Ce serait dommage de n’y aller que pour ça mais bon… Il y en a déjà partout, même au Canada !

Définition : On parle d’Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) pour les espèces de plantes, d’animaux ou de bactéries qui se développent hors de leur territoire d’origine et qui causent des dégâts à l’environnement.

Bref, j’ai bien trouvé les bernaches, les vergerettes, et également des verges d’or du Canada. Mais j’ai trouvé aussi ce que je ne cherchais pas : les invasives européennes au Canada.

En visitant le parc Botanique de Montréal, il y a une partie consacrée aux EEE dont le Phragmite australis (roseau commun européen) qui s’implante partout où il y a de la place et qui remplace l’espèce locale. Les phragmites sont des végétaux des milieux humides qui forment des roselières sur le bord des lacs mais ils ont la capacité de se développer un peu partout, pourvu qu’il y ait un peu d’humidité.
Le Phragmite australis européen, plus vigoureux, remplace donc petit à petit l’espèce américaine, Phragmite australis ssp americana, celui présent au Canada, presque le même !
C’est pas trop grave ? …

Roselière composée principalement de Phragmites (FRANCE)

LES ROSELIERES

Les roselières se développent sur les berges des eaux calmes des étangs, des lacs ou des marais. Elles forment un écosystème indispensable pour la vie aquatique et terrestre.

Ci contre : Phragmite australis fraîchement arraché. La partie souterraine forme des stolons qui permettent à la roselière de s’étendre et de créer des zones denses.

Phragmites en fleurs, les plumeaux produiront des graines (FRANCE)


… Mon proverbe fétiche « la diversité entraine la diversité » marche malheureusement parfaitement dans l’autre sens, « la perte de diversité entraine la perte de diversité »! C’est donc toujours un problème lorsque disparaît une espèce et même une sous espèce. Les végétaux ont évolué avec leur environnement et font parti d’un équilibre complexe. Un changement, même s’il parait minime, peut provoquer des dégâts écologiques en chaîne en favorisant ou en défavorisant d’autres espèces. Les Phragmites australis européens sont plus vigoureux que leurs cousins américains, c’est-à-dire qu’ils poussent et s’étendent plus vite, et les autres espèces végétales normalement présentes dans les roselières disparaissent petit à petit sous la pression de cette espèce envahissante.

Le problème est que le Phragmite australis européen est franchement invasif au Canada et aux Etats-Unis où il forme d’énormes zones mono-spécifiques (d’une seule espèce). Il aurait été introduit involontairement dans les années 1800 en Amérique du nord. L’invasion s’est accélérée avec l’installation naturelle de massifs sur les bords de route, ce qui lui a permis de se propager dans d’autres milieux grâce aux graines portées par le vent ou par les véhicules.

Aujourd’hui, le Phragmite australis européen est considéré comme l’une des plantes invasives les plus préoccupantes sur le continent nord américain (Etats-Unis et Canada). La méthode la plus répandue pour lutter contre son expansion aux États-Unis est l’utilisation d’herbicides chimiques 😦 mais ce procédé est très contrôlé au Canada, notamment à proximité de l’eau. Dans tous les cas, l’éradication des phragmites nécessite l’emploi de matériel et la mobilisation d’une main d’œuvre conséquents, ce qui génère des coûts considérables pour l’entretien des zones touchées.

Pour en savoir plus sur la gestion des phragmites aux États-Unis c’est par ici – en anglais mais les logiciels de traduction existent pour ça ! :

Great Lakes Phragmites Collaborative est un réseau d’agences, d’organisations et de citoyens engagés dans la lutte contre les 
phragmites d’une manière ou d’une autre, y compris la gestion, la recherche et la communication.

Pour le Canada c’est par là :

Phragmite envahissant – Pratiques de gestion exemplaires, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario Peterborough (Ontario), version 2011, 15 pages.

Face à l’ampleur des dégâts écologiques et des coûts induits par l’installation d’une Espèce Exotique Envahissante, il faut pouvoir agir au plus tôt, dès l’apparition des tous premiers indésirables.

Ainsi chacun doit apprendre à connaître les terrains qu’il entretient et apprendre à voir les apparitions et les développements de plantes ou d’animaux susceptibles d’être des EEE. Être curieux, se renseigner, alerter autour de soi pour agir en conséquence permettra de préserver votre petit morceau de nature et bloquer l’avancée des EEE vers leur prochaine conquête !

Publié par Earthrom

J'ai toujours travaillé en temps que jardinier mais j'ai mis quelques temps avant de trouver ma voie. J'ai fait de la ville, de la résidence, du particulier dans différentes entreprises petites ou grandes ... Pour finalement me passionner pour la gestion écologique des espaces verts en milieu urbain, la nature sauvage en cœur de ville. Ce site est là pour partager mon expérience et accompagner les professionnels de l'espaces verts pour améliorer la biodiversité en ville et travailler à s'entendre avec la nature plutôt que de la contrôler.

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